Arnaud BonnetCocoland.info, ouvert le 17 avril, est le nouvel avatar du site Coco, cité dans plus de 23 000 procédures pénales. Ce dernier a été au cœur du procès de Mazan et du système sordide de Dominique Pelicot ; il a également été le modèle de « l'académie du viol » découverte par CNN le mois dernier.
Grâce à la mobilisation inlassable des associations de lutte contre les violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants – associations que je remercie une nouvelle fois d'avoir donné l'alerte – le parquet de Paris a enfin annoncé, hier soir, ouvrir une enquête à son encontre. Si c'est une avancée, c'est surtout le signe d'un échec collectif : il n'aurait jamais dû être possible de rouvrir ce site ! S'y faisant passer pour Lou, préadolescente de 13 ans en classe de cinquième, l'association Face à l'inceste a pu constater qu'il ne suffisait que de quelques minutes pour que des hommes adultes contactent cette enfant, dans le but très explicite de commettre des infractions sexuelles. Lou, fort heureusement, n'existe pas ; mais tous les autres sont bien réels.
Vous voyez donc comment la non-régulation du numérique offre un terrain de jeu pour les pédocriminels et les auteurs de violences sexistes et sexuelles. Monsieur le ministre de l'intérieur, allez-vous prendre des mesures comme le blocage immédiat, ce que ni l'Arcom ni Pharos ne peuvent faire, pour empêcher l'apparition de ce type de sites honteux ainsi que pour identifier et poursuivre, enfin, les agresseurs sexuels qui y sévissent ?