Pascal LecampJ'associe à ma question notre collègue Nicolas Turquois. Vendredi, dans le Poitou, deux ouvrages agricoles de retenue d'eau ont été vandalisés. Ces dégradations sont intervenues au lendemain d'une décision de justice condamnant en appel le porte-parole d'un collectif à six mois de prison sous bracelet électronique pour des faits commis à Sainte-Soline.
Ces agissements ne sont pas anodins. Le groupe Les Démocrates les condamne avec force. Nous les condamnons d'abord parce qu'ils privent notre agriculture d'outils essentiels pour produire. Mais nous les condamnons aussi parce que le respect de l'État de droit n'est pas à géométrie variable, en fonction des perceptions personnelles de ce qui est légitime ou de ce qui ne l'est pas. L'État de droit, ce n'est pas seulement la possibilité d'exercer des recours contre des projets. L'État de droit, c'est aussi accepter les décisions de justice et respecter les règles qui s'imposent à tous, y compris lorsqu'elles déplaisent. Il doit encadrer autant que permettre et sécuriser.
Il est donc essentiel que la justice s'applique, tout simplement. Mais la réponse ne peut pas être uniquement pénale. Et tous les projets de loi du monde ne permettront pas de partager un diagnostic et d'avancer collectivement sur ce sujet. La réponse doit aussi être politique : nous devons retrouver du dialogue et du consensus autour de ces sujets de souveraineté alimentaire, de sécurité énergétique, d'urgence climatique. Les ambitions nous rassemblent mais les projets qui les concrétisent sur le terrain suscitent de fortes oppositions.
La question de l'eau est, à cet égard, symptomatique. Il nous faut l'aborder avec deux principes simples. Sa gestion doit être partagée, car il y a une même eau, des usages divers et, surtout, une responsabilité collective. Et il faut cesser d'opposer systématiquement agriculture et environnement.
Le changement climatique nous impose une logique de stockage, d'anticipation, de partage et de sobriété des usages. Il nous faut retrouver la raison et la capacité à échanger et débattre collectivement sur le sujet. Monsieur le ministre de l'intérieur, comment assurer le respect de l'État de droit et mettre celui-ci au bénéfice de l'action, ce qui permettra notamment un partage plus juste de l'eau ?