Karl OlivePour deux minutes !
Monsieur le ministre de l'Europe et des affaires étrangères, depuis soixante-quatorze jours, le détroit d'Ormuz, par lequel transitent près d'un cinquième des hydrocarbures de la planète, est verrouillé par la république islamique d'Iran. Soixante-quatorze jours pendant lesquels des navires civils ont été pris pour cibles, pendant lesquels la liberté de navigation, principe cardinal du droit international, a été foulée aux pieds. Je veux saluer nos diplomates, mobilisés pour protéger nos compatriotes. Je veux saluer aussi nos militaires engagés dans la région, à l'heure où le porte-avions Charles de Gaulle et son escorte ont franchi le canal de Suez en direction du golfe d'Aden.
L'urgence est absolue : le monde puise dans ses réserves de pétrole à une vitesse record, comme vient de l'indiquer l'Agence internationale de l'énergie, alors que la guerre au Moyen-Orient continue de réduire drastiquement les approvisionnements en provenance du Golfe.
Dimanche, le président de la République a rappelé une ligne claire : la France s'oppose à tout blocus, d'où qu'il vienne. Hier encore, la France a annoncé prendre une initiative aux Nations unies et proposer un cadre en vue d'une mission neutre et pacifique pour une future sécurisation du détroit d'Ormuz. Pourtant, les négociations vacillent. Le projet américain Liberté a été suspendu après deux jours seulement, sans réouverture du trafic, et Téhéran brandit la menace d'une réponse décisive et immédiate face à tout déploiement français ou britannique.
Où en est précisément la mission de sécurisation ? Quelles garanties la France obtient-elle de ses partenaires pour faire respecter la liberté de navigation ? Quelles perspectives concrètes de réouverture le gouvernement peut-il donner aux Français, qui paient chaque jour le prix de la crise à la pompe ?