Sarah LegrainMonsieur le premier ministre, je ne vous poserai pas de question car je n'attends rien de vous. Je n'attends rien de ceux qui laissent un milliardaire réactionnaire étendre sa mainmise sur le cinéma, les médias, l'édition, les festivals, dans une OPA sur nos imaginaires ! De ceux qui laissent publier le rapport Alloncle, qui laissent l'extrême droite mentir sur le financement du cinéma et obtenir par le harcèlement la suspension d'un fonds d'aide à la création, qui laissent se multiplier les atteintes à la liberté de création et abandonnent les travailleurs de l'art aux haines racistes, sexistes, LGBTphobes.
Je n'attends rien de ceux qui déroulent eux-mêmes le tapis rouge au fascisme en faisant virer des humoristes, perquisitionner les libraires, interdire les concerts de Médine, les films sur la Palestine et les free parties tout en laissant le Canon français semer la terreur dans le pays !
Il y a trois ans, la Macronie reprochait à la Palme d'or son discours contre la réforme des retraites. Maintenant, vous dites aux artistes engagés contre l'extrême droite de se consacrer à leur art plutôt que de faire de la politique. Ne vous en déplaise, l'art est politique. Cannes et le CNC, honnis des amis de Trump et de Meloni, sont nés de la résistance à la Mostra fasciste et à l'impérialisme culturel américain.