Florence GouletMonsieur le premier ministre, aux Antilles, nos compatriotes vivent enfermés chez eux pour tenter d'échapper aux gaz toxiques des sargasses. Des enfants souffrent de maux de tête, de vomissements. Des pêcheurs ne peuvent plus prendre la mer. Des restaurateurs, des hôteliers voient leur activité s'effondrer, pendant que notre biodiversité marine disparaît dans le silence et l'indifférence.
Voilà la réalité quotidienne de milliers de Français abandonnés face à une catastrophe sanitaire, écologique et économique majeure, qui perdure depuis plus de quinze ans. Quinze années d'alertes, de promesses, pendant lesquelles l'État s'est défaussé sur des collectivités locales qui n'ont ni les moyens humains, ni les moyens financiers pour faire face, seules, à une crise d'une telle ampleur.
Pourtant, le droit international est clair. La Convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982 impose aux États de coopérer pour protéger le milieu marin contre les pollutions. La France l'a intégrée dans son droit dès 1996.
Mais que voyons-nous ? Une politique de réaction perfide, qui se résume à un ramassage des algues sur les côtes, qui défigure les plages et accélère le recul du trait de côte. Des millions, certes, mais sans véritable stratégie, c'est un mépris. Est-ce la vision de votre gouvernement ? Est-ce digne d'un grand État comme le nôtre ? Non, c'est une honte.
Pourtant, des solutions innovantes et industrielles existent, tel le ramassage de sargasses en haute mer et leur transformation en biogaz. Nos compatriotes ont le sentiment terrible que si cette crise frappait les plages de Cannes ou de la Bretagne, un plan national d'urgence aurait été déclenché depuis fort longtemps.
Ma question sera donc simple : quand ferez-vous des sargasses une priorité nationale et débloquerez-vous des moyens exceptionnels pour protéger les habitants, soutenir les communes et sauver leur économie ?