Estelle YoussouffaMa question s'adresse au ministre de l'intérieur. Monsieur Nuñez, Mayotte est en état d'urgence migratoire permanent. Notre frontière est, vous le savez, une passoire. Chaque jour quasiment, les kwassas débarquent des dizaines de clandestins sur nos plages : des Comoriens, des Africains qui arrivent, entre autres, de république démocratique du Congo, pays frappé par le virus d'Ebola. À la suite de l'alerte de l'Organisation mondiale de la santé, qui place Mayotte en première ligne face à cette épidémie, le gouvernement a annoncé un circuit de traitement d'éventuels malades d'Ebola.
Mais vous savez qu'il vaut mieux prévenir que guérir. Traduction pour Mayotte : mieux vaut barrer la route aux kwassas aujourd'hui que remplir l'hôpital et la morgue demain. Le gouvernement affirme que, face à Ebola, les services de l'État sont pleinement mobilisés afin d'engager les moyens nécessaires au renforcement des contrôles liés à l'arrivée de migrants.
Cependant, rien de concret, puisque ce matin des dizaines de migrants ont tranquillement débarqué sur nos plages à Mayotte. Aucun contrôle sanitaire, ni force de l'ordre pour les empêcher d'accoster ; votre mobilisation n'existe pas.
Ces migrants, entrés illégalement, sont certainement déjà allés rejoindre le camp sauvage de Tsoundzou, qui rassemble des milliers d'Africains installés dans la mangrove, dans l'indignité la plus abjecte. Un camp de migrants dont Mayotte demande le démantèlement depuis des mois car il constitue un scandale humanitaire, une bombe sanitaire, un risque majeur pour la sécurité et la santé publique. Quand allez-vous démanteler le camp de Tsoundzou ? Quand vont arriver les renforts pour protéger Mayotte d'Ebola ?