Sébastien ChenuAvant de commencer, je veux saluer la mémoire de notre collègue Béatrice Bellamy, présenter, au nom du groupe que préside Marine Le Pen, nos condoléances à sa famille et à ses collègues du groupe Horizons & indépendants et vous assurer de l'excellent souvenir que nous conserverons de Béatrice.
Je souhaite vous interpeller, monsieur le premier ministre, messieurs les ministres, sur la situation de l'industrie automobile dans notre pays, et plus significativement dans nos circonscriptions du Nord, à Valenciennes, à Hordain, mais aussi à Poissy ou à Rennes, et sur celle des sites du groupe Stellantis. Le groupe annonce investir plusieurs millions d'euros, mais au bénéfice de qui ? En effet, une tendance lourde, qui se confirme, est celle de la baisse des moyens de production dans l'automobile. Le groupe prévoit de baisser ses capacités industrielles de 20 % en Europe d'ici à 2030.
L'avenir de l'automobile en France s'assombrit. Derrière les termes un peu techniques de reconversion, de mutualisation, il faut entendre une baisse de la production, de l'activité industrielle, du nombre d'emplois et plus généralement une situation de plus en plus difficile. Quel avenir pour nos sites, alors que nos usines sont offertes à la concurrence asiatique au prix, ou sous couvert, de partenariats sur lesquels on peut s'interroger ? Quelles conséquences pour les autres secteurs qui dépendent des constructeurs ? Je pense notamment à Verkor, à Dunkerque. Des réponses politiques – économiques, législatives, réglementaires – peuvent modifier le cours des choses.
Sur le piège des amendes infligées aux constructeurs de l'Union européenne, vous pouvez agir, mais vous ne le faites pas. Sur la trajectoire intenable de l'électrique, vous pouvez agir, mais vous ne le faites pas. Sur l'inflation normative, vous pouvez agir, mais vous ne le faites pas. Sur l'énergie à bas coût, vous pouvez agir, mais vous ne le faites pas. Sur le coût du travail, affecté par la baisse mécanique des exonérations de charges, vous pouvez agir, mais vous ne le faites pas.
À quel moment, messieurs les ministres, allez-vous enfin agir pour sauver notre industrie automobile ?