Sébastien Lecornu, premier ministre. Dix ans, ce serait formidable, mais des projections à cinq ou six ans, soit environ la durée d'un mandat municipal, permettraient d'embarquer les municipalités et celles et ceux avec qui nous entretenons un lien de compétence – je vous rappelle que certaines compétences, comme celles qui touchent au bâti scolaire, sont décentralisées.
La deuxième rupture, qui n'est pas facile et que le ministre a commencé à opérer, est d'ordre géographique. Pendant longtemps, le maillage scolaire a été pensé au niveau du rectorat, soit à un échelon trop élevé. Il l'a ensuite été au niveau de la direction académique des services de l'éducation nationale, à un échelon encore trop élevé. Sa gestion doit être faite au niveau de la circonscription de l'éducation nationale : elle doit revenir aux inspecteurs de l'éducation nationale – on sait très bien que la municipalité de Saint-Denis discute avec l'IEN compétent sur son territoire, qui est son point de contact. Le ministre, que j'encourage beaucoup et que j'aiderai, a commencé à travailler sur cette réforme.
On sait bien que la démographie n'est pas homogène. C'est vrai dans l'Eure, un département que je connais bien, et en Seine-Saint-Denis, où on compte une quarantaine de circonscriptions scolaires, qui possèdent chacune leur propre dynamique. C'est ainsi que certaines moyennes peuvent sembler bonnes et que les chiffres relatifs à certains établissements particuliers se trouvent difficiles à justifier. C'est tout l'enjeu de notre feuille de route.
Comme dirait le ministre de l'éducation nationale, notre carte scolaire a été imaginée au XVIIIe siècle, à une époque où les naissances étaient plus nombreuses et où les enfants se rendaient à l'école à pied. La mobilité et l'accessibilité des établissements, voilà un autre sujet à traiter avec les collectivités locales : d'un territoire à l'autre, l'offre de mobilité varie fortement.
Pardon d'être long, mais au moins, on ne pourra pas dire que je ne suis pas précis sur le sujet !
Je souhaite qu'on avance dans les dix-huit départements où est expérimentée la nouvelle méthode de construction de la carte scolaire, laquelle doit permettre de rompre avec la méthode comptable et aveugle que certains ont pu décrire. Cela ne nous dispensera pas d'un meilleur diagnostic s'agissant de l'énorme défi démographique auquel nous faisons face.
En repartant du taux d'encadrement et en l'individualisant au niveau d'une école, voire d'une classe, on trouvera les bons paramètres pour construire le budget de l'éducation nationale et une nouvelle carte scolaire.