Anne Stambach-TerrenoirLa France étouffe. Plus de 350 records de chaleur ont été battus un 25 mai et l'on compte déjà sept morts sous le dôme de chaleur. Nos ressources vitales s'épuisent, les gens souffrent dans des bouilloires thermiques dont vous bloquez la rénovation et prolongez la location. Devant cette urgence historique, vous avez choisi votre camp : loi Duplomb, projet de loi de simplification de la vie économique, projet de loi d'urgence agricole… Même combat, aux côtés des bétonneurs et de l'agro-industrie ! Alors que l'eau va manquer, ce sera mégabassines, fermes-usines, autoroutes et data centers pour tout le monde !
Vous ne combattez pas du tout le dérèglement climatique. Vous combattez celles et ceux qui essaient de nous en sauver. Il y a dix jours, cinq militants contre la déviation de Saint-Péray, en Ardèche, ont atterri en prison, sans procès, pour avoir déployé une banderole et s'être suspendus à un pont. Demain, Julien Le Guet, porte-parole du mouvement Bassines non merci, sera à nouveau en procès à Poitiers, après une première condamnation hallucinante à six mois de détention sous bracelet électronique. C'est un acharnement judiciaire jamais vu, pour s'être opposé à la mégabassine de Sainte-Soline, déclarée illégale depuis !
Vous voulez faire peur et, surtout, faire taire. D'ailleurs, après le classement sans suite de la plainte des blessés graves de Sainte-Soline, comment expliquez-vous que des journalistes aient aujourd'hui réussi là où les enquêteurs avaient bizarrement échoué ? Le tir qui a laissé Serge entre la vie et la mort, le 25 mars 2023, est identifié : il s'agit d'une grenade lancée depuis un blindé en tir tendu, avec un angle de 7 degrés au lieu de 45 degrés. Ce tir était illégal car il pouvait tuer, et il a failli tuer.
Nous n'oublions pas les 5 000 grenades, ni les 200 blessés, ni les ordres interdits de gradés à des gendarmes criant, ce jour-là, leur « vrai kiff » à blesser. Ce ne sont pas des dérapages, monsieur le ministre Nuñez, c'est une doctrine : la vôtre. Une doctrine autoritaire, parce que vous savez que tous ces gens qui se lèvent contre votre politique ont raison. Alors combien de blessés, combien de Serge, combien de Julien Le Guet faudra-t-il pour vous mettre, enfin, du côté du vivant et de la protection de nos conditions de survie collective ?