Serge Papin, ministre des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l'artisanat, du tourisme et du pouvoir d'achat. Monsieur le président Marcangeli, permettez-moi, en tant que Vendéen et habitant de la circonscription de Béatrice Bellamy, de partager votre tristesse.
Le pouvoir d'achat ne se résume pas à des chiffres ; c'est aussi un ressenti, et cela compte autant à mes yeux.
Depuis octobre dernier, mon action se fonde sur trois convictions fortes.
La première est que nous devons redonner de la liberté : chacun doit pouvoir utiliser son argent comme il le souhaite. Ce sera le sens de la mesure, appelée à être débattue par le Parlement, permettant le déblocage à titre exceptionnel de l'épargne salariale ; le sens également de l'extension de l'usage des titres-restaurant aux courses alimentaires, que je souhaite pérenniser et dont vous aurez l'occasion de débattre.
La seconde est que nous devons agir sur les prix pour proposer du made in France accessible. Je me bats pour un pouvoir d'achat créateur, dans tous les territoires, d'emplois et d'activité. Nous devons reconquérir les premiers quartiles de prix, y compris dans des secteurs que nous avions abandonnés, comme le textile. T-shirts, jouets ou brosses à dents : nous savons faire ces produits du quotidien. Cela vaut également pour le secteur alimentaire. Au moyen d'une meilleure péréquation des marges, nous devons favoriser les produits sains et locaux par rapport aux produits ultratransformés. Il y a quelques années, j'avais eu cette petite phrase : « Il faut que le coco de Paimpol arrête de financer le cola d'Atlanta. » Autrement dit, sur les produits locaux et sains, la grande distribution doit accepter, à l'inverse de ce qu'elle pratique actuellement, de faire moins de marge que sur les produits ultratransformés.
La troisième, enfin, est que la hausse du pouvoir d'achat passera par une hausse des revenus du travail – et pas seulement du salaire. Je veux ainsi développer le partage de la valeur – intéressement, participation –, notamment dans les PME de moins de cinquante salariés où ces pratiques n'existent pas toujours. Je milite également activement pour l'actionnariat salarié.