Gérald Darmanin, garde des sceaux, ministre de la justice. Le chiffre de 70 000 renvoie aux plaintes ouvertes par les parquets qui n'ont pas été classées et qui ne font pas l'objet d'une information judiciaire. Ces plaintes concernent à la fois des délits et des crimes touchant des personnes mineures. Parmi ces délits et ces crimes, certains portent sur des faits prescrits. Leur caractère est donc moins urgent que les plaintes relatives à des enfants qui sont encore enfants aujourd'hui. On relève aussi des crimes qui ne sont pas prescrits, mais dont les victimes sont âgées entre 30 et 50 ans et les auteurs présumés âgés entre 70 et 90 ans. Ces affaires doivent évidemment être traitées, mais elles n'ont pas non plus le même caractère d'urgence, selon moi, que des plaintes concernant des enfants mineurs et des auteurs présumés qui pourraient faire d'autres victimes – c'est le cas de la plainte du mois d'août 2025 que vous avez mentionnée.
J'ai demandé aux parquets généraux de continuer à donner la priorité aux affaires concernant des mineurs, puisqu'ils m'assurent que c'est ce qu'ils font au quotidien. Au cours des trois heures de discussion que j'ai eues avec leurs représentants, comme d'ailleurs depuis que je participe à des réunions sur la politique pénale, on m'a expliqué que dans l'immense majorité des cas les services enquêteurs du ministère de l'intérieur étaient pleinement mobilisés et que les procureurs plaçaient en haut de la pile les crimes concernant des enfants – comme je le demande depuis maintenant quatorze mois et comme le demandaient déjà mes prédécesseurs.
La véritable question est donc de savoir s'il existe d'autres affaires Lyhanna. D'une part, l'inspection que nous avons diligentée rendra ses conclusions dans treize jours et permettra de pointer les défaillances dans la chaîne des enquêteurs, des magistrats et peut-être d'autres services publics. Nous prendrons alors les mesures qui s'imposent. D'autre part, les rapports que j'ai demandés aux procureurs généraux pour identifier d'autres éventuelles affaires Lyhanna seront également rendus publics. Je les transmettrai aux commissions des lois de l'Assemblée et du Sénat et, si vous le souhaitez, à l'ensemble des groupes politiques. Le Parlement n'a pas à être avisé des affaires individuelles, mais il est légitime de l'informer sur des affaires générales. Je ferai toute la vérité sur celle-ci.