Sophie Ricourt VaginayLundi de Pentecôte, sur l'axe Paris-Lyon-Marseille, des centaines de Françaises et de Français sont restés huit heures durant prisonniers de leur train, sans climatisation, sans eau, sans information, par plus de 30 oC, non pas sous le soleil mais en enfer. La cause, une simple caténaire rompue au nord de Lyon, a suffi à pétrifier ce qui fut jadis notre fleuron, le TGV.
Un incident, me direz-vous. Non, monsieur le ministre des transports : un symptôme, celui d'un réseau à bout de souffle, dont l'État – faut-il le rappeler ? – est l'actionnaire unique. Ce diagnostic, ce n'est pas nous qui le posons, mais la SNCF elle-même : 1 milliard d'euros supplémentaires par an pour éviter le décrochage général ; 4 000 kilomètres de lignes menacées dès 2028 ; 3 000 kilomètres déjà fermés en dix ans ; un quart du réseau laissé sans investissement structurel, abandonné à la rouille et à l'oubli.
Et pendant que les voies ferrées se dégradent, le prix du billet s'envole. L'usager paie toujours plus cher un service qui se délite : c'est la double peine.
Le bilan : pannes à répétition, tarifs prohibitifs, petites lignes condamnées. Chaque incident rejette un peu plus nos concitoyens vers la voiture ou vers l'avion. Singulier paradoxe, monsieur le ministre, pour une nation qui a érigé la décarbonation en grande cause nationale : vous prêchez pour le train et vous laissez mourir le rail.
Ma question est simple : quand l'État actionnaire exigera-t-il enfin de la SNCF le niveau de service que les Français paient et qu'ils méritent ?