Maxime MicheletMonsieur le ministre de l'intérieur, 3 millions : c'est le nombre de dossiers en attente de traitement par les policiers et enquêteurs. Derrière chacun d'eux, une victime attend une réponse. Ce stock n'a cessé de croître sous l'effet de l'augmentation des délits et des crimes et de la complexification des procédures.
Le manque de moyens alloués à nos services de justice, qui a conduit à la tragique disparition de Lyhanna, se retrouve aussi dans la filière investigation de la police nationale.
Dans mon département, la Marne, nos forces de police comptent 138 enquêteurs. Il en faudrait environ 45 de plus pour permettre aux services d'investigation de fonctionner à plein régime sur l'ensemble de ce territoire.
Ce manque de moyens a été aggravé par une réforme calamiteuse menée par votre prédécesseur, laquelle a totalement désorganisé la police judiciaire en la plaçant sous autorité départementale, alors que le crime – faut-il le rappeler ? – ignore les frontières administratives.
Fin février, vous avez annoncé un plan en faveur de la filière investigation de la police nationale, mais nous craignons qu'après que votre prédécesseur a cassé le fonctionnement et l'attractivité d'une filière qui faisait la fierté de la police française, il arrive trop tard et soit insuffisant. Comptez-vous revenir sur cette réforme décriée et délétère et redonner à la police judiciaire française les moyens de son efficacité ?