Andrée TaurinyaDans toutes ses composantes, le Liban résiste à l'occupation : résistance médicale par ses secouristes, résistance populaire par ses associations, qui accueillent les déplacés par centaines de milliers, résistance de sa presse libre, qui documente les crimes contre l'humanité de l'occupant, au prix de la vie de ses journalistes, à l'image d'Amal Khalil, assassinée par l'armée israélienne. Le Liban résiste aussi par sa diplomatie et par tous les moyens nécessaires, dans le respect du droit international.
Le mémorandum d'entente entre l'Iran et les États-Unis prévoit un cessez-le-feu régional. L'armée israélienne a annoncé qu'elle n'en tiendrait pas compte. Elle poursuit son objectif de fragmentation de la société libanaise en exploitant la discorde interne. La France doit contraindre Israël à cesser son projet d'invasion en exigeant son retrait du Sud Liban et la libération des prisonniers libanais. Pour qu'un cessez-le-feu soit effectif, la France doit peser pour le maintien d'une présence onusienne d'interposition à l'issue du mandat de la Finul. Elle doit renforcer l'armée libanaise, empêchée d'assurer sa mission de défense des frontières.
Monsieur le ministre, nous ne désespérons pas de vous entendre enfin sur la suspension de l'accord d'association entre l'Union européenne et Israël. Allez-vous au moins demander à ce que l'accord entre l'Iran et les États-Unis qui proclame le cessez-le-feu au Liban soit ratifié par le Conseil de sécurité des Nations unies ? Prendrez-vous des sanctions si le gouvernement israélien refuse d'appliquer cet accord ?