Elie CaliferMa question s'adresse à M. le premier ministre. Le 2 juin, à l'issue d'un long processus législatif, la proposition de loi visant à reconnaître la responsabilité de l'État et à indemniser les victimes du chlordécone a été adoptée à l'unanimité à l'Assemblée nationale. Nous voulons remercier l'Assemblée, et particulièrement notre groupe, pour son soutien constant. La publication du texte au Journal officiel le 13 juin a consacré la volonté exprimée par la représentation nationale. Une première étape historique est franchie : la reconnaissance de la part de responsabilité de l'État dans les préjudices causés par l'utilisation prolongée du chlordécone en Guadeloupe et en Martinique. Elle ouvre la voie aux mesures de réparation et d'indemnisation attendues depuis longtemps.
Cette avancée est le fruit d'un combat de longue haleine mené par l'ensemble des populations antillaises, mais celui-ci n'est pas terminé. Comme l'a dit Mme la ministre des outre-mer, dont les propos ont été appréciés dans nos îles, il faut renouer un lien de confiance avec nos populations. Ne pensez-vous pas, monsieur le premier ministre, que le retrait du pourvoi en cassation formé contre l'arrêt rendu le 11 mars 2025 par la cour administrative d'appel de Paris, qui reconnaissait la responsabilité de l'État dans ce scandale, serait un geste fort, cohérent avec la loi en vigueur et propre à apaiser les populations ?
Au-delà de cette question, comment le gouvernement entend-il traduire, dès à présent, l'esprit et les objectifs de cette loi, afin de renforcer la reconnaissance et la réparation attendues par les victimes du chlordécone ?