Christine ArrighiPermettez-moi de commencer par une pensée pour les dix-neuf agents de la DGFIP qui, en 2025, ont mis fin à leurs jours, chiffre auquel il faut ajouter vingt et une tentatives de suicide. Le seul premier trimestre 2026 a été marqué par un suicide au moins et neuf tentatives. Ces femmes et ces hommes faisaient et font vivre la maison Bercy, contrôlent et recouvrent les milliards que votre gouvernement dit chercher désespérément, tout en sacrifiant son administration.
La DGFIP, il y a quinze ans, comptait plus de 120 000 agents, ils ne sont plus que 93 000 ; plus de 40 000 postes se sont évaporés depuis 2008. De grâce, ne me répondez pas efficience, car cela fait longtemps qu'à la DGFIP, l'efficience est décorrélée des suppressions d'emplois ! D'ailleurs, en 2026, 550 nouvelles suppressions ont été imposées par le 49.3. Comme si cela ne suffisait pas, vous en escamotez encore plus de 2 900. Un nouveau référentiel efface des postes vacants dans l'opacité la plus totale. C'est magique : d'un trait de plume, des structures et des services en sous-effectif structurel sont déclarés « complets ».
Longtemps, vous avez répété que ces drames n'avaient aucun lien avec le travail, mais le 10 mars, la justice a tranché. La cour administrative d'appel de Toulouse a reconnu que le suicide d'une contrôleuse des Pyrénées-Orientales était directement imputable au cadre professionnel : au manque d'effectifs, à la surcharge, au stress, soit l'inverse exact de ce que vous soutenez depuis des années. Loin d'en prendre acte, vous avez fait appel – la honte ! – et vous avez perdu. Mais rien ne vous arrête : le 28 mai, votre projet de décret d'annulation a rayé 15 millions d'euros sur la mission « Gestion des finances publiques », dont 9 millions sur le programme support de la DGFIP, asséchant ainsi les moyens que votre plan de prévention des risques suicidaires – d'ailleurs rejeté à l'unanimité par les syndicats – prétend renforcer.