Bruno FuchsLe G7 qui vient de s'achever à Évian a été un moment fort du dialogue entre grandes puissances démocratiques et la France y a réaffirmé avec force son engagement pour une paix durable et un multilatéralisme renforcé. Plus de cent ans après le traité de Versailles de 1919, qui avait l'ambition de construire un ordre international fondé sur le dialogue, le président Trump a ratifié un accord de cessez-le-feu bilatéral entre l'Iran et les États-Unis.
Monsieur le ministre de l'Europe et des affaires étrangères, pensez-vous que cet accord soit de nature à créer les conditions d'une paix durable, alors qu'il ne règle pas des questions essentielles comme le nucléaire iranien, la circulation dans le détroit d'Ormuz et surtout les causes profondes des tensions régionales, notamment la question du Liban et celle, centrale, du désarmement du Hezbollah ? S'agissant du Liban, au bord de l'effondrement, comment la France jouera-t-elle son rôle historique de médiatrice ? En tout état de cause, cet accord risque d'entériner une situation internationale plus dégradée qu'avant le début de la guerre. Pouvez-vous nous dire comment la France et l'Europe entendent peser dans les négociations afin d'obtenir un accord de paix équilibré et durable ?
Le président de la République l'a rappelé : le multilatéralisme n'est pas un choix, c'est une nécessité. Pensez-vous que le président Macron a fait comprendre au président Trump l'impasse dans laquelle nous mènent les politiques nationalistes, fondées sur une vision unilatérale et les rapports de force entre États ? Comment la France, forte de son expérience diplomatique, envisage-t-elle de convaincre les États-Unis de s'engager à nouveau dans un cadre commun ? Enfin, dans ce contexte incertain, quels leviers la France et l'Union européenne vont-elles actionner pour préserver nos intérêts stratégiques dans les domaines de l'énergie, de l'économie, du pouvoir d'achat et de la souveraineté industrielle ?