Julien BrugerollesMadame la ministre de l'agriculture, après la vague de chaleur du mois de mai, la canicule d'une intensité et d'une ampleur inédites que nous subissons affecte très lourdement l'ensemble de nos agriculteurs. Même si nous ne pouvons pas encore en déterminer l'importance, les pertes de rendement et de production risquent d'être considérables. Les remontées des agriculteurs ces derniers jours, par exemple dans mon département du Puy-de-Dôme, sont alarmantes, en grande culture comme pour l'élevage.
Depuis longtemps, les climatologues nous alertent : notre pays est en première ligne face au réchauffement climatique. La transformation en profondeur de nos systèmes de production et l'adaptation de toutes nos exploitations à cette nouvelle ère climatique sont d'immenses défis pour préserver durablement nos capacités agricoles.
Pour relever ces défis, encore faut-il rompre avec les impasses libérales et reconstruire de puissants outils d'intervention publique et de protection de nos producteurs. Le premier de ces outils, c'est la garantie de prix minimum rémunérateurs : les revenus indignes sont le premier frein à l'adaptation de nos systèmes de production.
Par ailleurs, alors que, dans les semaines à venir, des dizaines de milliers d'agriculteurs solliciteront sans doute une indemnisation pour les pertes subies, nous devons refonder un grand régime public de prévention et d'indemnisation des aléas climatiques, couvrant toutes les exploitations et toutes les productions. Le système d'assurance-récolte élaboré ces dernières années est totalement inadapté et inefficace pour répondre à l'ampleur des conséquences du changement climatique sur notre agriculture.
Ma question est simple : plutôt que d'annoncer dans les jours à venir un énième plan d'urgence après cette nouvelle crise, êtes-vous prête à soutenir ces mesures structurelles indispensables à l'avenir de notre agriculture ?