Sophie MetteAvec près de 17,5 millions d'hectares en métropole et 26 millions dans les outre-mer, la forêt française est à la fois un patrimoine naturel exceptionnel et une filière économique essentielle. Le réchauffement climatique, la multiplication des épisodes de sécheresse et des vagues de chaleur mettent cet équilibre sous tension. Chacun garde en mémoire les incendies de 2022 en Gironde. L'année dernière, notre pays a connu près de 15 000 départs de feu et, dès cette fin du mois de juin, les premiers incendies se déclarent déjà. Beaucoup déjà a été fait et les moyens de la sécurité civile ont été renforcés. La flotte aérienne est en cours de renouvellement pour atteindre à terme seize avions bombardiers d'eau. La coopération européenne s'est développée. Néanmoins, face à un risque devenu structurel, il nous faut désormais inscrire cet effort dans une véritable culture de la résilience.
En 2023, nous avons adopté une loi renforçant la prévention et la lutte contre le risque incendie, notamment en matière d'obligations légales de débroussaillement, mais une difficulté demeure : les travaux forestiers indispensables à l'entretien et à l'adaptation restent trop souvent ralentis par des procédures ou des obligations qui se contredisent. Enfin, le président de la République a fixé l'objectif de planter un milliard d'arbres en dix ans. Cet engagement a été conforté par Marc Fesneau lorsqu'il était ministre de l'agriculture, puis par les crédits maintenus dans la loi de finances pour 2026, notamment à la demande du groupe Les Démocrates. Mais les forestiers ont besoin de visibilité. Les annonces successives de fermeture puis de réouverture des guichets, ainsi que les évolutions fréquentes des règles et les incertitudes sur les financements, fragilisent les projets de long terme.
Protéger, gérer, renouveler : tels sont les défis. La forêt a besoin qu'on s'occupe d'elle, pas qu'on l'abandonne au dogmatisme ou au dérèglement climatique. En outre, la forêt d'aujourd'hui ne sera pas celle de demain. Quelle est la stratégie du gouvernement pour adapter durablement la forêt française au changement climatique, soutenir une gestion forestière résiliente et donner aux acteurs de la filière la visibilité dont ils ont besoin pour investir dans l'avenir ?