Laurent Nuñez, ministre de l'intérieur. Le gouvernement et mon ministère ont parfaitement conscience de la pression migratoire exceptionnelle que subit Mayotte, sans aucun équivalent ailleurs sur le territoire national. Nous mobilisons et allons continuer à mobiliser énormément d'effectifs sur ce territoire. Cinq escadrons mobiles de gendarmerie et 1 200 policiers contribuent à sécuriser le territoire et à reconduire hors des frontières les étrangers en situation illégale interpellés.
Cela passe d'abord par des interceptions en mer, dont le nombre a doublé en 2025 et doublera encore en 2026, afin d'empêcher des arrivées. Viennent ensuite les reconduites. Vous avez dit qu'elles n'étaient pas effectives, alors que plus de 10 000 ont été réalisées depuis le début de l'année. De plus, de début avril au 1er juin, nous avons mené une grande opération, dénommée Kingia, qui a permis de réaliser énormément d'interpellations et de lutter contre l'immigration illégale, l'économie illégale et l'habitat illégal. Dans ce seul cadre, 3 900 reconduites ont été effectuées. Je tiens donc à saluer le travail mené par le préfet Frédéric Poisot et par l'ensemble des équipes des forces de sécurité intérieure et des forces armées.
J'ai bien entendu votre interpellation sur la situation au camp de Tsoundzou, dont j'ai discuté en visioconférence avec le président de la collectivité. J'ai pris bonne note de la position des élus, de leur souhait que ce camp ne soit pas réimplanté. Nous travaillons pour le sécuriser. D'autre part, nous élaborons, avec les États de provenance des migrants qui s'y trouvent – les pays de la Corne de l'Afrique ou de la région des Grands Lacs pour la plupart d'entre eux –, des dispositifs de reconduite forcée ou de reconduite volontaire en mobilisant l'aide au retour volontaire. J'ai bien reçu votre message, ainsi que celui des élus, avec qui nous poursuivons la concertation.