Christopher WeissbergPermettez-moi, au nom du groupe Ensemble pour la République, de m'associer à l'hommage rendu à Béatrice Bellamy, à sa famille, à ses proches et aux députés de son groupe.
Madame la ministre de la francophonie, des partenariats internationaux et des Français de l'étranger, le 4 juillet, les États-Unis ont célébré les 250 ans de leur indépendance. En 1776, les Pères fondateurs proclamaient une idée révolutionnaire : il existe des droits que nul pouvoir ne peut retirer, la vie, la liberté et la poursuite du bonheur. Cette idée ne naît pas de nulle part. Elle s'inspire des Lumières françaises. Franklin et Jefferson lui font traverser l'Atlantique. Treize ans plus tard, elle revient en France, enrichie de l'expérience américaine, et inspire à son tour notre Révolution. Depuis lors, nos deux nations ne sont pas seulement des alliées : elles sont les héritières d'une même promesse démocratique.
En 1776, le défi était de conquérir la liberté. En 2026, le défi est de la préserver. Car derrière les célébrations, une question demeure : que reste-t-il de l'esprit de 1776 ? Nous le voyons une fois encore, nos démocraties se répondent et parfois s'imitent, quand les juges deviennent des adversaires parce que leurs décisions déplaisent, quand les journalistes deviennent des ennemis parce qu'ils enquêtent, quand les scientifiques deviennent suspects parce que leurs conclusions dérangent. Les démocraties meurent rarement dans un fracas. Elles s'érodent, puis disparaissent. Et, comme si cette crise de confiance ne suffisait pas, une révolution technologique s'ouvre devant nous. L'intelligence artificielle bouleverse notre rapport au savoir. Les réseaux sociaux bousculent notre rapport au débat. Pendant ce temps, la dette écologique et la dette financière limitent déjà la liberté des générations futures.
Face à cette agitation, le président de la République a fait le choix de la constance : parler à toutes les administrations américaines, quelles qu'elles soient, sans jamais renoncer à défendre les intérêts de la France, la voix de l'Europe et les valeurs qui fondent notre alliance. Parce que la France n'est jamais aussi fidèle à ses alliés que lorsqu'elle est fidèle à elle-même. À l'heure où le sommet de l'Otan, à Ankara, rappelle que la sécurité de l'Europe repose plus que jamais sur une alliance transatlantique forte, comment la France entend-elle poursuivre le dialogue avec les États-Unis afin de préserver cette alliance tout en continuant de défendre sans concession nos intérêts et nos valeurs démocratiques ?