Naïma Moutchou, ministre des outre-mer. Je reviens de quatre jours de déplacement en Martinique. J'étais sur le terrain, et nous avons effectivement abordé ensemble la problématique des sargasses. Je me suis rendue dans la commune du Robert ; j'ai rencontré les maires du François, du Vauclin, du Marigot ; je suis allée à la rencontre des marins-pêcheurs, des collectifs, des riverains.
Ma conviction s'est affermie : les sargasses sont un fléau, et vous l'avez très bien décrit. C'est un calvaire pour les populations au quotidien : les familles sont inquiètes, les professionnels pénalisés, les élus locaux en première ligne.
Je salue la mobilisation exemplaire que j'ai constatée sur place – un véritable travail entre les services de l'État, les pêcheurs, les collectivités. Le travail est important puisqu'il a conduit au ramassage de 9 000 tonnes de sargasses, contre 7 600 à la même période l'an dernier. Cela montre l'ampleur du phénomène.
J'ai confirmé sur place que nous soutiendrons financièrement la collecte en mer : les fonds ont été épuisés, mais nous prolongerons notre aide jusqu'à la fin de la saison. J'ai aussi indiqué que mon ministère financerait de nouvelles pelles ainsi qu'un Sargator nouvelle génération.
Mais nous irons plus loin : nous finalisons le Plan sargasses III, afin de ne plus traiter les sargasses dans l'urgence, mais comme un sujet permanent, qui doit faire l'objet d'une politique publique à part entière. Cela implique des financements – et nous étudions toutes les possibilités, y compris celles exprimées sur place.
Ce plan repose sur deux piliers essentiels : l'anticipation, tout d'abord, car il faut ramasser les sargasses en amont, avant qu'elles n'échouent sur les côtes – le constat est partagé ; la santé publique, ensuite, car les populations sont de plus en plus touchées. Nous intégrerons donc un volet sanitaire inédit. Ce plan comporte cinq axes ; je n'ai pas le temps de le détailler, mais il sera publié d'ici la fin du mois et j'aurai l'occasion d'y revenir.