Pierre HenrietPermettez-moi tout d'abord de m'associer à l'hommage rendu à Béatrice Bellamy, amie et voisine de circonscription.
Madame la ministre de l'agriculture, depuis des années, notre agriculture encaisse : les crises sanitaires, les charges qui flambent au gré des désordres du monde – des carburants aux engrais. Elle encaisse, et elle s'épuise – plus de la moitié des fermes françaises ont disparu depuis la fin des années 1980.
Cet été encore, dans nos plaines, le blé se vend 205 euros la tonne, moins que son coût de production. Aujourd'hui, les agriculteurs paient l'addition ; demain, les consommateurs la paieront bien plus cher.
La canicule vient frapper à son tour cette agriculture à bout de souffle : les rendements s'effondrent, l'eau manque, car aucun service de l'État n'accompagne ceux qui veulent la stocker, préférant céder à des militants endoctrinés qui salissent le monde rural.
Aux portes de Fontenay-le-Comte, en Vendée, le site de Petosse a rouvert pour enfouir les volailles mortes de chaleur – 6 500 tonnes dans l'Ouest – alors qu'un poulet sur deux consommés en France est importé.
Le gouvernement a pris de premières mesures d'urgence, mais la canicule passera et la crise agricole, elle, restera. Il ne s'agit plus d'accommoder ; il faut redonner à la nouvelle génération un cap, une raison d'y croire et d'y rester.
Madame la ministre, allez-vous adapter les dispositifs d'assurance récolte à des épisodes climatiques désormais plus fréquents et plus violents ? Et, au-delà de l'urgence, comment comptez-vous rendre à ceux qui nous nourrissent ce qui leur manque le plus – un revenu digne et la confiance nécessaire pour préparer l'avenir, pour qu'ils se sentent enfin considérés ?