Marie PochonPyrénées-Orientales, Gard, Aude, Hérault, Vaucluse, Bouches-du-Rhône, Drôme – chez moi : 11 000 hectares ont été calcinés en quelques jours. Après trente-deux jours sans pluie, sur des forêts asséchées, 1 500 hectares ont déjà brûlé sur un redépart de feu pourtant éteint – le pire incendie depuis trente ans. On dit qu'il semble hors de contrôle, et le vent – ce satané vent – devrait se renforcer demain.
J'ai une peine immense pour ce que nous avons déjà perdu, et pour ce que nous perdrons encore. Comme tous les Drômois, je ressens une gratitude immense pour les 375 sapeurs-pompiers mobilisés depuis des jours qui tentent comme ils peuvent, épuisés, de contenir les flammes.
Je remercie la solidarité exceptionnelle qui s'est organisée : les élus locaux, les citoyens – qui ont fait tellement de dons qu'il a fallu interrompre la collecte –, ceux qui accueillent chez eux les personnes évacuées, ceux qui prennent sur leurs terres les animaux d'élevage. Mesdames, messieurs, vous êtes la fierté et la force de notre beau Diois.
Mais il y a aussi l'inquiétude et la colère : vous avez refusé tant de mesures d'adaptation ; vous avez supprimé 40 % des personnels de l'Office national des forêts en vingt ans.
Vous avez commandé des Canadair, puis les avez décommandés pour des raisons budgétaires. Ceux que nous avons sont dans le Sud. Mais nous, que nous reste-t-il ?
Les solutions, nous les connaissons. Dès 2022, nous demandions déjà des moyens supplémentaires pour les Sdis, ainsi que quatre Canadair de plus. Les alertes scientifiques sont ignorées depuis des années. Rien n'est fait pour adapter nos forêts – leur mortalité a été multipliée par deux en dix ans. Et, maintenant, nous devons arbitrer entre des dizaines de feux en même temps.
Si nous continuons ainsi, chaque année sera pire et nous ne serons jamais prêts. Nous travaillons depuis des années sur des mesures d'adaptation de nos forêts au changement climatique. Nous avons même déposé une proposition de loi transpartisane. Allez-vous l'inscrire à l'ordre du jour ?
Monsieur le premier ministre, le vent s'intensifiera demain. Débloquez sans attendre, en urgence, des moyens supplémentaires.