Olivier FayssatMonsieur le ministre des affaires étrangères, la loi sur la criminalisation de la colonisation française a été publiée au Journal officiel algérien au mois de mai. Cette loi qualifie cette période de crime d'État, énumère trente et une infractions considérées comme des crimes de colonisation imprescriptibles et punit de cinq à dix ans d'emprisonnement la promotion ou même une simple justification de la colonisation dans les sphères médiatiques, académiques, culturelles ou politiques.
Votre réponse à cette loi provocatrice, humiliante et liberticide, qui criminalise l'histoire de France, les harkis et les pieds-noirs ? Elle est venue la semaine dernière par la voix de l'ambassadeur de France en Algérie, M. Stéphane Romatet, qui a dévoilé la feuille de route fixée par le président Macron : le volume de visas délivrés aux ressortissants algériens doit repartir à la hausse pour retrouver son niveau antérieur, soit plus de 250 000 visas par an. Cela fait longtemps que vous avez mis la France à genoux devant l'Algérie ; nous voilà à plat ventre.
Parallèlement, estimant de toute évidence que même la politique de l'Europe n'est plus assez immigrationniste à son goût, le président Macron refuse d'appliquer la directive retour adoptée par le Parlement européen.