Sébastien Lecornu, premier ministre . Oui, en commission. Les Françaises et les Français qui nous regardent sur les chaînes info peuvent voir que le débat a déjà démarré ! Mais ces éléments sont importants, car la procédure garantit la transparence démocratique.
Le gouvernement déposera donc cet amendement, mais il appartiendra au Parlement de décider – je l'ai suffisamment répété hier dans ma déclaration de politique générale. Chacune et chacun ici aura donc l'occasion de défendre ses convictions dans la plus grande des clartés , comme vous avez commencé à le faire, monsieur le député, en disant ce que vous souhaitez pour les retraites non seulement pour aujourd'hui, mais, n'ayons pas peur, également pour demain. J'ai d'ailleurs ouvert cette réflexion dès hier, réflexion dont le rendez-vous était en principe fixé à l'élection présidentielle. Votre famille politique et le président de votre parti se sont déjà exprimés. Certains défendront peut-être la capitalisation, d'autres un système par points avec un âge pivot, d'autres encore un système par points sans âge pivot. J'ai mes propres convictions et j'aurai l'occasion d'y revenir le moment venu.
Ensuite, il ne peut y avoir de suspension de la réforme des retraites sans coût. Sur ce point aussi j'ai été précis hier et je le répète : je n'endosserai pas n'importe quoi ; il y va de la pérennité du système actuel. Vous l'avez dit, toute suspension adoptée devra s'accompagner de recettes en contrepartie. Il reviendra également au Parlement de se prononcer, dans la plus grande des clartés, avec les différents outils que vous connaissez.
Je souligne enfin, parce que nous ne devons pas être autocentrés et nous focaliser uniquement sur le gouvernement et le Parlement, que le véritable sens de cette suspension est non seulement la stabilité du pays et le retour du calme dans nos débats – nous y sommes parvenus cet après-midi et je crois que c'est possible –, auxquels nous a invités un prix Nobel d'économie – ayons l'humilité de reconnaître que ceux qui connaissent leur sujet peuvent tracer un chemin –, mais surtout le rétablissement de la confiance entre les partenaires sociaux, lequel pourrait permettre d'atténuer l'amertume laissée par le conclave. Toutes les discussions pourraient ainsi reprendre, pas seulement sur les retraites, mais aussi sur le travail, le partage de la valeur et sa répartition dans l'entreprise – autant de sujets dont vous savez bien, en tant qu'ancien ministre des solidarités, qu'ils sont bloqués depuis le mois de juin dernier.