Hubert Brigand Madame la ministre du déménagement du territoire, avec votre ministre délégué chargé de l'antiruralité – je ne suis pas sûr, monsieur le premier ministre, que vous ayez fait bonne pioche –, vous êtes la reine des suppressions de communes, la reine des communes nouvelles, la reine du pays de Rennes, dont font partie Châteaugiron et ses 10 000 habitants : on est assez loin de la ruralité !
Pour arriver à vos fins avec la loi pour la parité aux élections municipales, qui cache en réalité d'autres conséquences, vous avez utilisé ici même un tour de passe-passe. Le premier tour de scrutin ne vous convenant pas, vous avez fait en sorte qu'il y ait un second qui vous soit plus favorable. Votre acharnement a déclenché, en milieu rural, un mécontentement général, plein de rage. Le président de l'Association des maires ruraux, devenu ministre délégué à l'antiruralité, s'est peut-être mis en retrait mais il a cautionné cette action, et je pense qu'il aurait dû démissionner. Quoi qu'il en soit, le maintien de son siège me semble plutôt compromis.
Dans tout ça, que devient la démocratie quand, dans la plupart des communes, il n'y aura qu'une seule liste et qu'il ne sera plus possible de la modifier et d'y rayer un nom ? Plus le choix, comme en dictature ! Eh oui, c'est comme ça et c'est désespérant ! On va compter les suffrages exprimés et c'est là que les problèmes vont commencer : comment fera-t-on s'il y a trois femmes adjointes ?
Monsieur le premier ministre, la ruralité, ce n'est pas votre tandem de ministres qui l'incarne ici mais moi, élu dans une circonscription qui s'étend sur 135 kilomètres du nord au sud et compte 332 communes de moins de 1 000 habitants sur 342. Comment fait-on ? Comment s'en sort-on alors que les territoires ruraux s'enfoncent dans la crise ?