Anne-Cécile Violland Après la servilité mortifère du patron du BHV, qui accueille Shein dans l'un des emblèmes patrimoniaux de la mode française, il est des annonces qu'on ne peut passer sous silence. La révélation d'un protocole d'accord entre La Poste et la plateforme Temu soulève de graves interrogations sur sa cohérence avec les engagements de la France en matière de souveraineté industrielle et de transition écologique, alors que la directive sur le devoir de vigilance est à l'ordre du jour de l'Union européenne.
Surproduction poussant à la surconsommation et à l'explosion des déchets, augmentation des pollutions et de l'empreinte carbone, absence de transparence des conditions de production, augmentation de l'impact environnemental, sanitaire et social, concurrence déloyale, destruction des emplois et du savoir-faire de l'industrie française et de notre artisanat, tels sont les modèles des mastodontes de cette surconsommation ultra-éphémère, sous couvert d'un greenwashing souvent démontré, voire réprimé. Face à cela, la France ne peut rester silencieuse.
Ce partenariat conclu entre La Poste et Temu contribue à favoriser un modèle économique de dumping social et environnemental au détriment des entreprises françaises et même européennes, qui doivent, elles, respecter des normes strictes. La France ne peut être l'otage de ces pratiques ni cautionner l'activité de ces fossoyeurs de nos centres-villes, de notre industrie textile et de nos savoir-faire.
La France ne peut et ne doit cautionner, directement ou indirectement, des pratiques qui aggravent la crise climatique et sanitaire, au risque de devenir complice de comportements qualifiables de criminels pour notre économie, notre environnement et notre santé. Stop à ce modèle de fast-consommation toxique !
Pourriez-vous donc préciser quelles garanties La Poste et le gouvernement ont obtenues de Temu sur le respect des normes environnementales, sanitaires et sociales européennes ? Comment sera-t-il contrôlé ? Comment justifier le soutien public à un acteur qui contribue à la destruction de l'industrie française et à l'aggravation de la crise environnementale ? Comment comptez-vous empêcher que nos acteurs publics deviennent de simples relais de modèles économiques de prédateurs ?