Jorys Bovet Monsieur le ministre chargé de l'industrie, 191 salariés, 191 femmes et hommes de l'entreprise Amis, équipementier automobile implanté à Montluçon, risquent de perdre leur emploi et leur avenir – 191 vies, 191 familles suspendues. Et pour une seule raison : vos choix politiques. Cette fermeture n'est pas un cas isolé et s'ajoute à une hécatombe silencieuse qui frappe les sous-traitants de l'automobile dans toute la France. Partout, des usines ferment, des savoir-faire disparaissent, des territoires s'appauvrissent. Depuis des années, vos gouvernements successifs sacrifient notre industrie automobile en imposant une transition écologique brutale, mal préparée et socialement injuste, en fermant les yeux sur les délocalisations massives, en abandonnant les sous-traitants, pourtant essentiels à notre souveraineté industrielle et à la vitalité de nos régions.
Le 30 septembre, contre toute attente, le tribunal de commerce de Lyon a prononcé la liquidation judiciaire d'Amis malgré une offre sérieuse qui permettait de sauver 147 emplois sur 191. Dans moins de vingt-quatre heures, l'appel sera rendu, mais déjà le ministère public demande la confirmation du jugement. Autrement dit, l'espoir disparaît.
Jusqu'où irons-nous ? Combien d'emplois, de savoir-faire, de compétences faudra-t-il encore sacrifier ? Faut-il attendre que tout soit détruit pour réagir ? Même l'Allemagne, que vous preniez pour modèle, revient sur cette politique absurde. Et pourtant vous persistez. Alors je vous le demande : quand allez-vous agir ? Quand sauverez-vous les fleurons industriels français et défendrez-vous enfin ceux qui travaillent et qui produisent en France ? Avant qu'il ne soit tout simplement trop tard ?