Stéphane Mazars Madame la ministre de l'agriculture, vendredi dernier, pour lutter contre la dermatose nodulaire, vous avez décidé d'interdire jusqu'au 4 novembre toute sortie de bovins du territoire national. Cette décision brutale a plongé la filière dans l'incompréhension et est vécue dans nos territoires comme une véritable punition collective. Pourtant, la stratégie sanitaire appliquée jusqu'ici avait permis de contenir la maladie et les quelques cas réapparus ces derniers jours dans l'Ain, le Jura et les Pyrénées-Orientales semblaient liés à des mouvements ponctuels et illicites malheureusement passés sous les radars de l'administration.
Cette maladie, il est important de le rappeler, n'est pas transmissible à l'homme. Elle doit être combattue avec rigueur, certes, mais sans pénaliser tout un pays pour les fautes de quelques-uns. Les mesures prises sont d'une sévérité inédite. Dans ma circonscription du nord Aveyron, l'élevage de vaches allaitantes n'est pas une activité parmi d'autres : c'est le cœur battant de notre campagne. Sur le terrain, les mots sont durs : pour certains, c'est « un caprice de nos administrations » ; pour d'autres, « on n'a pas été écoutés ». Cette incompréhension s'entend d'autant plus que nos éleveurs sont des experts du sanitaire, rompus depuis des décennies à la vigilance et à la traçabilité.
Vendredi dernier, les services départementaux n'avaient pour seule information que votre communiqué de presse. Résultat : désorganisation totale, informations contradictoires et, lundi soir, devant la préfecture de l'Aveyron, un mur dressé par des éleveurs en colère. À l'heure où je parle, des manifestations ont encore lieu à Rodez.
Hier, vous rappeliez ici même qu'il fallait éviter un rappel à l'ordre de Bruxelles et une mise sous cloche de la France. Nous l'entendons, mais à trop vouloir protéger l'image de la France à Bruxelles, on va finir par sacrifier ceux qui nous font vivre. Les conséquences sont déjà là : blocage des ventes et baisse des cours. Je renouvelle donc les interrogations de mon collègue du Cantal Jean-Yves Bony : y aura-t-il des indemnisations rapides et ciblées ? Quid de la politique vaccinale ? Comment empêcher en parallèle l'entrée de bovins étrangers sur notre territoire ? Bref, comment éviter qu'une décision sanitaire ne vire à la catastrophe économique et humaine pour des éleveurs à bout de souffle ?