Édouard Bénard Ma question s'adresse à MM. les ministres du travail et de l'éducation nationale. Depuis 2018, la filière de l'apprentissage survit grâce aux exonérations de cotisations sociales salariales et patronales, grâce également aux subventions publiques. Entre 2018 et 2024, ces cadeaux sur le dos des finances publiques ont, pour l'État, multiplié le coût de l'apprentissage par 3,5. Vous avez annoncé, dans le cadre du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, la fin complète du dispositif d'exonération de cotisations pour les apprentis.
C'est l'aveu d'un échec cuisant : celui d'un modèle d'apprentissage pensé pour le patronat et perfusé à l'argent public. Je ne parle pas là des petits patrons de nos commerces de proximité, mais de ces groupes qui utilisent les contrats d'apprentissage pour remplacer des emplois pleins et entiers, emplois surexposés, qui plus est, aux risques d'accidents du travail.
Que la création d'emplois ne saurait se faire au détriment de la sécurité sociale, nous en partageons bien évidemment le constat. Vos revirements brutaux ont cependant un coût : Léa, 17 ans, apprentie pâtissière, moins 146 euros par mois ; Joachim, 21 ans, chaudronnier, moins 188 euros par mois ; Salim, boulanger de 18 ans, moins 161 euros par mois. Qui peut vivre avec 613 euros par mois ? Et ce sont d'adultes dont je parle !