Julien Rancoule Madame la ministre de l'agriculture, il y a quelques jours, sur le plateau de Sault, dans l'Aude, s'est tenue la quarante-huitième foire à l'élevage d'Espezel. Si les visiteurs étaient au rendez-vous, ils ont remarqué l'absence des bêtes, restées confinées en raison de cas de dermatose nodulaire bovine détectés dans les Pyrénées-Orientales.
Une réunion d'urgence s'est tenue sur place autour du préfet, des éleveurs et d'élus, dont je faisais partie. Je ne vous apprendrai rien sur l'inquiétude – et parfois la détresse – exprimée par ces passionnés, qui craignent que demain disparaissent des années de travail de sélection et d'attachement à leurs animaux.
L'idée d'un abattage total de leurs troupeaux leur est insoutenable. Ils appellent à une vaccination à la fois plus rapide et plus large. Vous avez récemment commandé 800 000 doses de vaccin, pour un cheptel français de 16 millions de bêtes. Nous pouvons donc légitimement nous demander si nous serons en mesure de répondre à cet épisode.
Force est de constater que les précédentes crises sanitaires ne nous ont rien appris : une fois encore, nous dépendons de l'étranger pour nous armer face au virus. Pourtant, une production souveraine de vaccins et un stock stratégique auraient permis une vaccination préventive et une réaction immédiate.
Les éleveurs subissent : soit ils se trouvent en zone réglementée – proches d'un foyer – et doivent vacciner leurs bêtes, ce qui les prive d'exportation pendant quatorze mois, soit ils sont en dehors de ces schémas théoriques et n'ont pas accès aux vaccins.
Face aux contraintes de l'Union européenne, une réponse pragmatique est nécessaire, mais elle ne peut se faire au détriment de la France. Allez-vous étendre plus largement la vaccination ? Allez-vous exiger de Bruxelles que les animaux vaccinés ne soient plus pénalisés lors des exportations ? À défaut, êtes-vous prête à suspendre les importations pour protéger nos éleveurs ?
À l'heure où Emmanuel Macron s'apprête à ratifier le Mercosur,…