Laurent Mazaury La filière automobile française traverse une crise structurelle et conjoncturelle. Il est donc plus qu'urgent de l'accompagner dans sa restructuration, indispensable pour notre pays, afin d'éviter une perte, voire une fuite des compétences de nos territoires et de préserver l'emploi ainsi que le savoir-faire.
Les territoires des agglomérations de Saint-Quentin-en-Yvelines, dans ma circonscription, ou encore de la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise représentent une grande part de l'emploi direct et indirect régional de la filière automobile. Il est donc capital pour elles que l'État les aide à accompagner la reconversion de ce secteur. Conscients des défis nationaux et internationaux de la France, ces établissements publics de coopération intercommunale proposent des solutions non seulement pour sortir de la crise, mais également pour faire de cette dernière un réel tournant économique et stratégique propre à renforcer la souveraineté industrielle du pays.
Dans cette perspective, réorienter le milieu automobile vers les marchés de la défense est une solution à encourager. L'Allemagne a déjà largement engagé des évolutions dans ce sens. Les compétences mobilisables du secteur, qui sont nombreuses, pourraient sans aucun doute répondre aux besoins croissants des forces armées françaises. Néanmoins, l'accès des PME issues de l'automobile aux marchés de la défense se heurte à plusieurs obstacles : complexité des procédures de marché de la direction générale de l'armement, difficulté de répondre aux marchés publics, manque de lisibilité quant aux moyens et aux besoins à moyen terme, difficulté d'atteindre les niveaux de certification nécessaires, faible structuration des filières aval autour des PME.
Pour lever ces obstacles, les deux agglomérations que j'ai mentionnées sont force de proposition. Elles appellent à des solutions concrètes et innovantes : création de marchés intermédiaires de défense destinés aux PME, création d'un label Transfert de compétences automobile-défense, instauration d'un guichet DGA-territoires ou encore déploiement d'expérimentations locales. Dans ce contexte, je veux, avec elles, vous demander quelles sont les orientations du gouvernement pour accompagner la filière automobile dans sa transformation indispensable et si vous pourriez soutenir et promouvoir activement les solutions que je viens d'évoquer.