Anchya Bamana Madame la ministre des outre-mer, je souhaite appeler votre attention sur des faits particulièrement préoccupants révélés par la presse locale à Mayotte.
Le 2 juin, la préfecture de Mayotte aurait procédé à la vente aux enchères de palettes d'eau initialement destinées à la population après le passage du cyclone Chido. Selon le journal Mayotte Hebdo du 22 octobre, ces stocks financés par l'État dans le cadre de l'aide d'urgence post-cyclonique auraient été vendus à des entreprises privées et à des associations. Dans son droit de réponse du 23 octobre, le préfet de Mayotte reconnaît avoir organisé cette vente et confirme surtout que vivre avec des coupures d'eau est normal. Ces révélations provoquent une vive indignation au sein de la population qui subit, depuis des années, une pénurie structurelle d'eau, situation reconnue par la loi du 11 août 2025 sur la refondation de Mayotte.
Madame la ministre, le code de l'environnement affirme que « l'eau fait partie du patrimoine commun de la nation » et la résolution 64/292 de l'ONU consacre le droit à l'eau comme un droit fondamental. Vendre le produit d'une aide humanitaire dans un territoire où plus de 70 % des habitants vivent sous le seuil de pauvreté et où les coupures peuvent durer jusqu'à quatre jours constitue une atteinte à la dignité et au principe d'égalité devant le service public.
Quelles mesures le gouvernement compte-t-il prendre pour garantir la transparence dans la gestion des aides humanitaires à Mayotte et faire respecter le droit à l'eau dans ce département durement éprouvé ?