Sébastien Lecornu, premier ministre . Soyons précis : il y a déjà eu trois renégociations dans l'histoire, deux menées par des gouvernements de gauche et une autre par un gouvernement de droite. Cet accord est caduc, il n'est plus complètement à jour au regard des attentes des deux parties.
La feuille de route que je propose est de repartir de la décision de renégocier cet accord qu'a proposée le comité intergouvernemental de haut niveau d'octobre 2022, entre la France et l'Algérie. Nous savons tous ce qu'il s'est passé depuis, avec les différentes pannes et freins dans la relation entre la France et l'Algérie.
Je considère qu'il faut remettre cette négociation sur la table en partant de nos intérêts plus globaux. Il n'y a pas que la question migratoire, mais aussi celles de la lutte contre le terrorisme, de la coopération en matière de sécurité, de la pression terroriste qui monte au Sahel, de la sécurité maritime, mais aussi les questions économiques. Le moment est venu d'avoir une approche beaucoup plus globale de la relation bilatérale.
Je vous rejoins sur le respect de la souveraineté de l'Algérie. Quels que soient nos désaccords avec les gouvernements algériens, nous devons être capables de mener une discussion exigeante et protectrice de nos intérêts.
On sait que ces choses peuvent prendre du temps. La renégociation doit donc démarrer le plus vite possible. Il revient au ministre de l'Europe et des affaires étrangères, et aux ministres de l'intérieur et des armées pour ce qui les concernent, d'arrêter une méthodologie avec leurs homologues.
On ne peut pas évoquer cette question sans citer le cas de nos compatriotes Christophe Gleizes et Boualem Sansal. L'ensemble des services de l'État, notamment ceux de notre diplomatie sont mobilisés et poursuivent leurs efforts pour obtenir leur libération.
L'Algérie n'est donc pas un sujet de politique intérieure, mais un sujet bilatéral de respect qu'il convient de traiter avec beaucoup de sang froid pour nous permettre d'avancer. Vous avez parlé d'histoire, il y a aussi une réalité, celle de la géographie, que nous ne pouvons pas mettre de côté.