Stéphane Viry Alors que le chômage repart à la hausse, avec une hausse de 1,6 % au troisième trimestre, alors que notre pays cherche à redresser ses comptes et à relancer sa production, un paradoxe s'installe : on parle beaucoup d'économies, mais on oublie la première richesse de la France, à savoir le travail. Or 6 millions de Français sont privés d'emploi et cette inactivité coûte 48 milliards chaque année à notre pays. Ce chiffre devrait à lui seul nous réveiller en ces temps budgétaires.
Je voudrais également que nous pensions à nos apprentis et à nos entreprises, auxquels on retire l'exonération de cotisations sociales, ainsi qu'aux structures d'insertion par l'activité économique dont les moyens vont être amputés de 14 %, menaçant près de 20 000 emplois.
Je voudrais surtout m'adresser à la jeunesse de France, cette jeunesse qui doute, qui cherche sa place, qui parfois ne la trouve pas, qui parfois est éloignée du travail et de la société. Aujourd'hui, plus de 600 000 jeunes sont en errance, victimes d'un échec ou d'un manque de chance. Nous ne pouvons pas les abandonner.
Les missions locales, elles, ne les abandonnent pas. Elles sont la première porte d'entrée vers l'emploi ; un service public de proximité, humain et ancré dans nos territoires.
Après l'éducation nationale, elles sont le deuxième réseau, pour accompagner les jeunes de 16 à 25 ans en France. Elles incarnent tout simplement l'espoir républicain pour des milliers de jeunes. Pourtant, monsieur le premier ministre, vous saignez leurs moyens dans votre budget pour 2026 avec une diminution de 13 % de leur financement l'année prochaine et de 20 % en deux ans. Ma question est simple : souhaitez-vous supprimer les missions locales ? Autre question, de fond : quelles solutions envisagez-vous durablement pour l'insertion professionnelle des jeunes ?