Salvatore Castiglione Qu'il me soit d'abord permis, au nom du groupe LIOT, d'avoir une pensée pour les passants fauchés ce matin à Oléron, en particulier pour la collaboratrice de notre collègue.
Madame la ministre de la santé, à quelques jours de la Journée mondiale du diabète, je souhaite rappeler l'urgence de renforcer nos politiques publiques de santé face à une épidémie silencieuse : le diabète de type 2.
C'est une bombe à retardement pour notre système de santé. D'après les données de l'assurance maladie, plus de 4 millions de Français ont été soignés pour cette pathologie en 2023, pour un coût estimé à près de 11 milliards. D'ici à 2027, c'est plus de 500 000 personnes supplémentaires qui devraient être diagnostiquées, selon la CPAM.
Depuis plus d'un an, dans le cadre d'un tour de France du diabète, à la suite de notre ancienne collègue Béatrice Descamps, je mène des travaux qui m'ont conduit un peu partout sur le territoire national. Cela m'a permis de rencontrer de nombreux acteurs de terrain et a nourri la rédaction d'un rapport contenant une dizaine de propositions visant à améliorer la prise en charge de cette pathologie. Outre la France métropolitaine, mon travail s'est concentré sur la Corse et sur la Guadeloupe, où près de 12 % de la population est diabétique, soit trois fois plus que le taux moyen dans notre pays.
Le constat est le même partout : le traitement du diabète de type 2 souffre de trop nombreux retards de diagnostic, de ruptures dans les parcours de soins et d'inégalités territoriales qui ont des conséquences importantes pour les patients comme pour notre système de santé et son financement.
De ces échanges est née une conviction partagée : les premiers mois qui suivent le diagnostic sont décisifs pour éviter la dégradation de l'état de santé, prévenir les complications et permettre au patient de connaître et de maîtriser l'évolution de sa maladie. C'est pourquoi le rapport propose notamment la création d'un programme national des 1 000 premiers jours de diabète qui assurerait dès le diagnostic un suivi renforcé et pluridisciplinaire.
À l'heure où je quitte cette assemblée et remets les travaux que j'ai réalisés à mes collègues du groupe LIOT, comment le gouvernement entend-il renforcer la préservation et l'accompagnement des personnes vivant avec un diabète de type 2 pour améliorer durablement à la fois leur qualité de vie et l'efficacité de notre système de santé ?