Frédéric Maillot Monsieur le ministre du travail, les missions locales sont inquiètes et tirent la sonnette d'alarme, notamment celles des pays d'outre-mer. Cette inquiétude est légitime, vous le savez, et grandit encore au vu de ce qui est annoncé, bien pire que ce qui a été touché par le budget de l'année dernière.
Petit rappel des indicateurs sociaux en ce qui concerne la jeunesse des pays d'outre-mer : les Neet – jeunes ni en emploi, ni en études ni en formation – sont 27 % en Guadeloupe ; le taux de chômage chez les jeunes s'élève à 20 % en Martinique ; la jeunesse pauvre représente 53 % de cette catégorie d'âge en Guyane ; le taux d'insertion n'est que de 13 % à Mayotte ; et La Réunion n'échappe pas à ses indicateurs. Voilà la réalité que vous tentez d'ignorer pour justifier votre politique qui est animée par un seul mot, « économies », que vous adressez toujours aux mêmes : les précaires, les modestes, la classe moyenne et maintenant la jeunesse. Un pays qui a de l'estime pour lui-même ne fait pas d'économies sur le dos de la jeunesse, au contraire, il la favorise. Or 13 % d'économies sur les missions locales, c'est 5 300 jeunes Réunionnais qui ne pourront pas être suivis par des conseillers, 44 postes de conseillers supprimés en plus des 25 de l'année dernière et des dispositifs qui vont disparaître, tels la Stratégie pauvreté, l'enveloppe des Parcours contractualisés vers l'emploi et l'autonomie et la diminution du nombre des contrats d'engagement jeunes.
Je me fais ici chambre d'écho et caisse de résonance des missions locales et de la jeunesse des outre-mer. Nous avons encore le moyen de rectifier le rabotage funeste qui signera la mise à mort sociale de 57 % des jeunes, ceux qui ont besoin de la mission locale pour trouver un emploi, financer leur permis ou encore devenir indépendants ! Quel message envoyez-vous en mettant au chômage ceux qui aident nos jeunes à ne pas être au chômage ? Abandonnez votre triptyque « économies, économies, économies » au profit de celui que nous vous proposons : « jeunesse, émancipation, réussite ». Mais entre les milliardaires et la jeunesse, vous avez choisi les milliardaires ! Persisterez-vous dans la voie de ces économies à tout prix, quitte à condamner la jeunesse ?