Aurélien Saintoul Le macronisme a commencé par la vente d'Alstom et le pacte de corruption dont parlait Olivier Marleix. Doit-il finir avec la liquidation de Novasco ? Dans une semaine, le tribunal de commerce doit se prononcer sur l'avenir de ce fleuron industriel. D'ores et déjà, il apparaît que la dernière aciérie de Moselle, située à Hagondange, pourrait fermer. Des centaines de familles sont dans le désarroi.
Comptez-vous laisser faire ? Ou – ce serait peut-être pire – comptez-vous sous-traiter ce dossier à Europlasma, repreneur en série que les différents gouvernements macronistes ont laissé récupérer Luxfer, Satma, Les Forges de Tarbes, Valdunes et la Fonderie de Bretagne ? Dans toutes ces entreprises, le constat est le même : les promesses n'ont pas été tenues, la production est sans cesse arrêtée, l'effondrement des cours a ruiné les petits actionnaires au bénéfice d'Alpha Blue Ocean, un fonds voyou domicilié dans un paradis fiscal.
Monsieur le premier ministre, lorsque vous étiez ministre des armées, vous avez bien aidé le nouveau propriétaire de ces entreprises à vendre du vent, d'abord en confiant à un homme à la fois ancien délégué général de l'armement et membre de son conseil d'administration un rapport sur l'avenir de la filière des munitions, puis en le laissant affirmer, contre toute vraisemblance, que les usines qu'il reprenait pourraient produire et vendre des obus.
Désormais, la bulle Europlasma, qui est si près d'éclater, se positionne pour reprendre Novasco et chacun comprend que c'est un jeu de dupes. À chaque rachat, les ministres ont pensé : « Je laisse faire le marché et, après moi, le déluge. » Il n'est plus temps. Le marché se fiche pas mal de l'intérêt général. La souveraineté industrielle de la France n'émeut pas la Bourse.
Les décisions d'engager la planification écologique et de protéger les savoir-faire comme les emplois ne se prennent pas dans un conseil d'administration mais en conseil des ministres. A-t-on en France la hauteur de vue et le volontarisme suffisants pour non seulement protéger l'industrie mais aussi la relancer et la mettre au service de l'intérêt général ? Laisserez-vous liquider Novasco et la métallurgie française en remettant sans cesse au lendemain l'ardente obligation de planification, qui est le moyen et la fin de son sauvetage ?