Joël Bruneau Madame la ministre de la santé, la semaine dernière, nous avons appris que le service d'urgences du CHU de Caen n'accueillerait plus d'internes.
Avec mes collègues, le maire de Caen et le président de la communauté urbaine de Caen la mer, nous vous avions déjà alertée. Je tiens d'ailleurs à vous remercier pour la mobilisation de la réserve sanitaire, solution qui n'est malheureusement que temporaire face à une crise aiguë qui fait suite à plusieurs mois de difficultés récurrentes.
Cette décision de retrait des internes est inédite et grave car elle remet en cause deux des missions centrales d'un CHU : former et soigner.
Je tiens à apporter tout mon soutien aux internes et personnels soignants du CHU touchés par cette situation, qui n'est pas spécifique à Caen, mais reflète une faille majeure dans l'organisation de notre système de santé et plus particulièrement dans celui des urgences.
En effet, alors que nous manquons d'urgentistes hospitaliers, les hôpitaux publics peuvent se livrer à une concurrence malsaine – comme dans le Calvados – aboutissant à une répartition des praticiens sans lien avec le nombre de patients accueillis sur chaque site.
Cette situation découle de problèmes d'ordre organisationnel à l'échelle du groupement hospitalier de territoire, mais aussi d'un manque d'attractivité de l'hôpital public, notamment pour les missions à fortes contraintes, comme les urgences.
Le gouvernement compte-t-il engager un travail de fond sur l'attractivité de l'hôpital public, notamment du métier de médecin urgentiste ? Le gouvernement compte-t-il doter les ARS ou les GHT d'outils juridiques qui leur permettent de mieux organiser les soins ? Une coopération entre établissements pourrait aboutir à la création d'équipes médicales de territoire, à tout le moins à la définition d'une quotité obligatoire de travail dans l'établissement support pour tout praticien urgentiste dans un même territoire ?
Les élus locaux et moi-même sommes à votre disposition pour évoquer plus longuement la situation.