Dominique Potier Il y a dix ans se tenait également la COP15, moment historique dans la lutte contre le dérèglement climatique, qui permit de définir une trajectoire de baisse des émissions de gaz à effet de serre. Dix ans après, à Belém, lieu de la COP30, il faut admettre que l'humanité a échoué à limiter la hausse des températures à moins de 1,5 degré Celsius.
La force d'une nation ne réside pas uniquement dans son unité, mais dans la cohérence entre sa parole et ses actes. Or lorsque le président de la République nous engage à voter un accord avec le Mercosur qui pourrait entraîner le rejet de 100 à 500 millions de tonnes de CO2 en détruisant les prairies de nos éleveurs ainsi que les forêts d'Amazonie, nous démontrons notre incohérence ! Nous démontrons notre incohérence lorsque nous divisons par deux l'aide publique au développement, contrairement à tous les engagements pris dans la loi de 2021 de programmation relative au développement solidaire et à la lutte contre les inégalités mondiales !
Enfin, nous serions encore incohérents si Roland Lescure, actuellement à Bruxelles, défendait, au nom de la France, une position conduisant à la destruction du pacte vert pour l'Europe, en particulier le devoir de vigilance qui impose aux multinationales de respecter les droits de l'homme, de lutter contre le travail des enfants et contre tout ce qui détruit notre planète !
Alors que le Parlement européen doit se prononcer sur la directive omnibus, et à la veille du trilogue, la France s'engage-t-elle à ce que la responsabilité civile reste la règle du droit des multinationales ? Privilégiez-vous la responsabilité plutôt que l'impunité de ceux qui disposent du pouvoir économique ? Faites-vous le choix d'une Europe du droit et de la justice dans la mondialisation ?