Laurent Nuñez, ministre de l'intérieur . Vous avez raison de souligner que le crime de vendredi dernier est inédit. C'est un point de rupture, un point de bascule, un crime d'intimidation : la mafia marseillaise a voulu s'en prendre au frère d'un jeune qui combat le narcotrafic par les mots – par le verbe – et par l'action. C'est une étape supplémentaire qui a été franchie, évidemment.
Mais, monsieur le député, je ne peux pas vous laisser dire que nous avons renoncé à toute action et que nous ne faisons que parler ; ce n'est pas vrai. À Marseille, vous le savez très bien puisque vous êtes un observateur de la vie marseillaise – et j'en ai été un acteur –, nous engageons des moyens colossaux pour lutter contre les trafics de stupéfiants.
Si la mafia se permet désormais ce type d'action, c'est précisément parce que nous lui portons des coups très rudes. Je remercie d'ailleurs l'ensemble des forces de l'ordre qui s'engagent à Marseille, ainsi que les magistrats qui y travaillent avec détermination.
Le nombre d'homicides a été divisé par deux entre 2023 et 2024 ; le nombre de points de deal est passé de 160 à 80 en cinq ans ; nous démantelons régulièrement des réseaux. Regardez ce qui s'est passé à La Castellane en avril dernier : quinze gros bonnets du trafic ont été écroués. Au total, 2 000 personnes ont été mises en examen pour trafic de stupéfiants, dont 900 sont en détention provisoire.
Nous menons donc une action résolue et sommes déterminés. Nous allons évidemment la poursuivre, comme nous l'a demandé le président de la République ce matin. Ce ne sont pas des paroles : derrière ces réunions, il y a des actions, un bilan concret. Nous agissons.
Évidemment, il reste des batailles à gagner, mais Marseille ne tombera certainement pas !