Hubert OttDepuis le début de mon mandat, j'ai été interpellé des dizaines de fois par des chefs d'entreprise qui se retrouvent dans une situation incompréhensible. Ils viennent demander à leur député, en dernier recours, un soutien pour la régularisation d'un salarié intégré, apprécié, qui travaille, cotise et paie ses impôts, mais à qui on oppose un refus, parfois assorti d'une obligation de quitter le territoire français, la fameuse OQTF.
On a cru maîtriser l'immigration en durcissant les conditions de régularisation par le travail : ça ne marche pas ! Au contraire, on complexifie la vie de tout le monde : celle des préfectures, surchargées ; celle des employeurs, inquiets et souvent démunis face à la complexité des démarches ; celle des personnes concernées enfin, qui vivent dans l'incertitude alors qu'elles sont pleinement intégrées.
Nous envoyons un signal brouillé. Nous expulsons des personnes qui travaillent, pendant qu'en parallèle nous n'arrivons pas à éloigner celles qui posent de véritables problèmes pour la sécurité et la tranquillité publiques. Ce n'est ni efficace, ni juste, ni lisible.
Deux points doivent être revus de toute urgence. Il faut d'abord supprimer la menace pénale qui pèse sur les employeurs. Comment peut-on, dans le même temps, appliquer la circulaire « Retailleau », qui permet la régularisation précisément parce que le demandeur a un emploi, et condamner l'employeur qui fournit cet emploi ? Ensuite, il faut clarifier le dispositif des métiers en tension. Entre codes FAP – familles professionnelles –, répertoire opérationnel des métiers et des emplois, listes mouvantes et interprétations différentes selon les régions, on a créé une improbable usine à gaz !
On ne peut pas accepter que des employeurs n'arrivent pas à recruter – quel que soit le secteur – alors que des personnes motivées sont disponibles. La France ne doit pas se priver de travailleurs qui participent déjà à son effort économique. Elle doit concentrer ses moyens sur l'éloignement de ceux qui menacent sa sécurité. Les Français ne comprennent pas qu'on renvoie ceux qui travaillent et qu'on garde ceux qui posent problème : allez-vous corriger cette incohérence ?