Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l'industrie. Je vous remercie pour votre question, madame la députée, et je salue votre engagement dans le dossier Ferroglobe, en faveur de la production de silicium, dont vous avez souligné l'importance stratégique pour notre pays.
Vendredi dernier, j'étais en Savoie sur le site de Montricher, l'un des trois sites, avec Les Clavaux et Anglefort, qui sont à l'arrêt, victimes d'une concurrence déloyale. Il s'agit d'un véritable dumping : du silicium arrive de Chine, où il est produit à 1 500 euros la tonne, contre 2 300 euros ici. Dans ces conditions, l'entreprise a préféré suspendre sa production plutôt que de continuer à vendre à perte.
Comme vous l'avez rappelé, nous avons accompli la moitié du chemin, puisque nous avons obtenu des mesures de sauvegarde sur les ferro-alliages, qui représentent environ 50 % de la production de Ferroglobe.
Concernant le silicium, nous allons engager aux côtés de l'entreprise le même combat que celui que nous avons gagné – à quelques voix près – concernant les ferro-alliages. Dès demain se tiendra d'ailleurs au ministère une réunion, à laquelle vous participerez comme toutes les parties prenantes. Nous allons engager ce combat difficile, car, à l'avenir, un manque de silicium nous poserait des problèmes pour produire des batteries, des drones ou du silicone.
Croyez bien, madame la députée, que la détermination du gouvernement est totale et que nous allons faire preuve de la même force de conviction que celle qui nous a permis de gagner sur les ferro-alliages pour emporter le combat sur le silicium. Après avoir reconnu ce matériau comme stratégique et fixé un objectif de 40 % de production européenne, il serait paradoxal que l'Europe accepte de la voir tomber à 15 %, contre 38 % autrefois – ce dernier chiffre montre que l'objectif est atteignable et qu'il faut nous mobiliser. Ensemble, parlementaires, élus locaux, membres du gouvernement et entreprises, nous allons faire le travail nécessaire auprès de la Commission.