Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l'industrie. À question directe, réponse directe : je vous recevrai, monsieur le député, et je le ferai bien volontiers à chaque fois que des parlementaires ou des élus locaux souhaiteront appeler mon attention directement sur un dossier.
Vous avez parlé d'indifférence, mais vous connaissez mon histoire, celle d'un élu local qui a subi les échecs de la désindustrialisation et qui a su rebondir. J'éprouve tout sauf de l'indifférence lorsqu'on vient me parler d'un sujet lié à la désindustrialisation ou à la réindustrialisation et, comme vous, j'ai une pensée pour les salariés de la Cibem et pour les habitants de Saint-Pierre-en-Auge, dont l'un des fleurons est menacé.
Sa fermeture annoncée représente en effet une perte symbolique majeure. Déjà sauvée en 2011, l'entreprise fait face aux mêmes défis que l'ensemble du secteur : hausse du coût du peuplier, évolution des usages, perte de compétitivité.
La part du bois dans le marché des emballages s'est fortement contractée, passant de 70 % à 20 % au profit du carton, plus recyclable. Depuis l'annonce, le 30 septembre dernier, d'une cessation d'activité pour avril 2026 et du licenciement de 104 salariés, les services de l'État se mobilisent – je vous assure que cette question fait l'objet d'un suivi régulier – pour garantir un dialogue social de qualité, rechercher un repreneur et préparer la revitalisation du territoire.
Lactalis s'est engagé – vous l'avez souligné – à proposer de nombreux reclassements internes ainsi que des mesures de reclassement externe. Ces mesures devront être formalisées dans un accord de PSE – plan de sauvegarde de l'emploi – ou dans un document unilatéral, puis homologuées par les services de l'État, en l'occurrence la Dreets – direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités –, entre fin décembre 2025 et début janvier 2026. La recherche d'un repreneur se poursuit et plusieurs industriels se sont manifestés, ce qui est une bonne nouvelle.
Plus largement, l'industrie agroalimentaire connaît des difficultés. Le plan de soutien de 2023 a protégé le secteur pendant la crise énergétique, mais seul un accompagnement plus durable, en fonds propres, permettra de moderniser l'outil industriel et de réussir la transition écologique. Le gouvernement agit en ce sens via France 2030 : plus de quatre-vingt-dix projets ont déjà été financés, ce qui représente 1,1 milliard d'investissements, et trente-deux nouveaux projets ont été annoncés lors du Salon international de l'agriculture 2025.
L'année 2025 a aussi vu le lancement du fonds Industries agroalimentaires, d'une taille cible de 500 millions d'euros dont 200 millions investis par l'État, ce qui permet d'accompagner les entreprises agroalimentaires françaises dans leurs projets de modernisation et de transition écologique. Vous le voyez, l'État est mobilisé. Merci à vous, monsieur le député, ainsi qu'aux élus locaux, de l'être également sur le terrain.