Laurent Panifous, ministre délégué chargé des relations avec le Parlement. Je vous remercie pour cette série de questions qui me donne l'occasion de revenir sur un sujet important qui, je le sais, vous est particulièrement cher.
Vous l'avez rappelé, la Corse est confrontée à des réalités géographiques, historiques, culturelles, économiques et sociales spécifiques.
Pleinement conscient de cette spécificité, le gouvernement a pris diverses mesures – notamment la récente promulgation de la loi portant création de l'établissement public du commerce et de l'industrie de la collectivité de Corse – pour la reconnaître et offrir à la Corse les moyens d'une plus grande maîtrise de son développement : la Corse doit prendre toute sa place dans la République, au sein d'un cadre modernisé et clarifié.
Concernant les trois questions précises que vous évoquez – l'hôpital de Bastia, l'association Scola Corsa et le coût de la vie –, je puis vous assurer que les ministres compétents s'en sont pleinement saisis et qu'ils reviendront vers vous pour vous donner des précisions. À cet égard, je reste moi-même à votre entière disposition.
Pour que la Corse réponde au mieux à ces besoins, une des solutions, sur laquelle le Parlement devra se prononcer dans les prochains mois, consiste à consacrer constitutionnellement un périmètre d'action décentralisée.
Comme l'a rappelé le premier ministre, il est essentiel, sur ce sujet comme sur tous les autres, que l'État ne renie pas sa parole. Le projet de loi constitutionnelle pour une Corse autonome au sein de la République correspond d'abord à l'engagement, pris par le premier ministre, de mener à son terme le processus de Beauvau, et ce dans un cadre clair, rappelé par le Conseil d'État : ne pas contrevenir « à l'esprit des institutions » ni méconnaître « une tradition républicaine constante ».
Je vous confirme que ce texte sera inscrit à l'ordre du jour du Sénat dès la première semaine du gouvernement prévue après les élections municipales de 2026.