Pierrick CourbonMonsieur le ministre, j'aborde une nouvelle fois le sujet des mobilités entre Saint-Étienne et Lyon. Il y a un an, jour pour jour, j'avais déjà interrogé votre prédécesseur sur la liaison ferroviaire entre les deux villes afin de solliciter un engagement de l'État pour améliorer la résilience de l'infrastructure, en particulier face à la recrudescence des aléas climatiques.
Il m'avait été répondu que des études étaient en cours pour établir un diagnostic de vulnérabilité de la ligne afin de la renforcer. Où en sont ces études ? Quelles en sont les conclusions ?
Plus globalement, le programme d'action Mobi'LYSE, lancé en 2018, ambitionne une démarche d'amélioration de la mobilité dans le corridor entre Saint-Étienne et Lyon, avec la volonté d'agir à court, moyen et long termes sur les différents modes de déplacement.
La métropole de Saint-Étienne déposera dans les prochains jours son dossier de service express régional métropolitain. Il s'agit notamment d'atteindre un objectif d'un train tous les quarts d'heure en heure de pointe entre les deux villes. Une fois n'est pas coutume, ce projet fait consensus dans le territoire. C'est pourquoi la métropole espère vivement être retenue dans la première vague de labellisation des projets. Elle espère surtout que l'État sera au rendez-vous pour le financement.
Si la priorité doit être donnée au ferroviaire et, en tout état de cause, à des solutions de nature multimodale, force est de constater que de nombreux déplacements nécessitent encore l'usage d'un véhicule individuel. L'amélioration des conditions de circulation routière en matière de congestion, de sécurité, de risques et de fiabilité, ainsi que l'intégration de l'infrastructure autoroutière dans son environnement, en particulier en milieu urbain à Saint-Étienne, restent une urgence absolue.
Certes, des travaux ont été conduits ou sont en cours de réalisation – murs antibruit, construction d'un demi-échangeur et rénovation des existants, élargissement de la bande d'arrêt d'urgence sur l'A47. Cependant, la question du doublement du franchissement du Rhône dans le secteur de Givors reste entière pour faire sauter le nœud de Ternay. Jusqu'en 2024, diverses options ont été envisagées, étudiées, certaines abandonnées ; mais depuis, l'évantualité d'un nouveau pont pour franchir le Rhône vers Givors ou Chasse-sur-Rhône a complètement disparu des écrans radar dans les différents comités de pilotage. Or on peut raisonnablement admettre que l'amélioration de la fluidité du trafic sur l'A47 demeurera vaine si tout le flux doit inexorablement s'engager dans l'entonnoir du pont de Givors.
Monsieur le ministre, mes questions sont simples et très précises, et j'espère que vos réponses seront à l'avenant. Oui ou non, l'hypothèse d'un nouveau pont de franchissement du Rhône est-elle toujours d'actualité ? Si oui, quel est le calendrier de la prise de décision puis de la réalisation des travaux ?
Oui ou non, de nouveaux murs antibruit seront-ils financés et installés le long de la RN88, en particulier dans le secteur de Terrenoire ?
Oui ou non, le projet de Serm de Saint-Étienne Métropole sera-t-il considéré comme une priorité en vue de favoriser le report modal ?
Oui ou non, enfin, les engagements financiers de l'État au titre des alternatives à l'A45 seront-ils, quoi qu'il arrive, sanctuarisés au profit du territoire ?