Mereana Reid ArbelotIa ora na – bonjour à tous. On estime à 30 000 le nombre de consommateurs d'ice en Polynésie française. Plus d'un habitant sur dix est concerné. Cette méthamphétamine sous forme de cristaux ravage des familles entières et touche désormais les enfants, puisque le plus jeune consommateur connu n'a que 8 ans. Face à ce fléau, la Polynésie française a mobilisé 250 millions de francs Pacifique, notamment pour soutenir les associations de familles victimes de l'ice, renforcer la prévention et accompagner les personnes en détresse.
C'est pourquoi j'ai déposé un amendement au projet de loi de finances pour 2026 demandant une contribution de l'État d'au moins 2 millions d'euros. J'insiste sur le fait qu'il s'agit d'un minimum, la somme équivalant aux montants engagés par le pays. Cette contribution permettrait de coordonner les actions de la Polynésie française, des communes et des associations afin de les rendre plus efficaces. En effet, il y a urgence car toute une génération, exposée à des vendeurs postés à la sortie des collèges et des lycées, est en danger. De plus, il importe de savoir comment l'ice arrive à la porte des écoles. La lutte contre ce produit doit donc commencer par l'emploi de moyens visant à empêcher son entrée sur le territoire.
La Polynésie est devenue une escale du narcotrafic sud-américain vers l'Australie. Si des voiliers bourrés de drogue ont été interceptés, combien d'autres font-ils ruisseler en Polynésie une partie de leur cargaison qui, même infime, constitue une catastrophe pour une population de seulement 280 000 habitants ? L'aéroport de Tahiti-Faaa, avec le recours à des mules, et le port de Papeete, avec de la drogue cachée dans des conteneurs, sont les portes d'entrée locales du produit. Pour finir de dresser le tableau, je précise que le trafic continue en détention et que la récidive est presque systématique.
Sécurité, douanes, justice et services pénitentiaires relèvent de l'État. Madame la ministre, une génération se meurt en Polynésie. J'attends donc de votre part une réaction forte et non une liste à la Prévert de ce qui a été fait mais est resté insuffisant et inefficace face à la menace. Parlez-moi de vrais objectifs et de nouveaux moyens pour les services de l'État !