Kévin PfefferMa question s'adresse au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique. Je souhaite aborder ce matin la situation de l'emploi et de l'industrie, particulièrement dans l'est du département de la Moselle, où je suis élu.
Cet ancien territoire minier – territoire en reconversion mais territoire d'avenir – possède de très nombreux atouts : une situation géographique stratégique sur l'axe Paris-Francfort ; des infrastructures importantes, avec des autoroutes directement connectées à Paris et à l'Europe de l'Est, une ligne et une gare TGV, un nœud ferroviaire stratégique pour le fret ; des friches mobilisables, du foncier prêt à l'emploi ; un bassin à culture industrielle avec des savoir-faire et un réservoir de main-d'œuvre au sein duquel le bilinguisme est développé ; une offre de formations professionnelles et techniques, des élus nationaux et locaux de bonne volonté, prêts à faciliter l'arrivée d'entreprises et d'industriels ; un cadre de vie naturel et un coût de la vie accessible.
Pourtant, nous peinons à attirer de nouveaux investisseurs, de nouvelles entreprises et de nouvelles industries. Au second trimestre 2025, le taux de chômage de la zone d'emploi de Forbach s'établissait à 11,5 %, soit le sixième taux le plus élevé de France métropolitaine – il est supérieur de près de 4 points à la moyenne nationale.
Par ailleurs, notre atout de proximité avec l'Allemagne pourrait apporter dans les mois à venir son lot de mauvaises nouvelles, avec les annonces massives de suppressions d'emplois en Sarre, qui menacent directement des milliers de travailleurs frontaliers français et leurs familles, en particulier dans le secteur automobile.
La situation nécessite un traitement particulier pour notre territoire. Notre collègue Alexandre Loubet, député de Saint-Avold et rapporteur de la commission d'enquête sur les freins à la réindustrialisation de la France a avancé de nombreuses propositions.
La Moselle-Est a besoin que des mesures soient prises au niveau national. Nous demandons la sortie des règles européennes de fixation des prix de l'électricité, afin que les ménages et nos entreprises paient l'électricité au prix auquel nous la produisons, qui est le prix le plus bas d'Europe.
Nous réclamons la fin des surtranspositions des normes européennes et l'allégement des contraintes réglementaires pesant sur l'industrie.
Nous proposons l'assouplissement drastique de l'objectif zéro artificialisation nette et l'exemption totale de ce dispositif pour les projets créateurs d'emplois. Les obligations environnementales d'un projet industriel pourraient faire l'objet d'un aménagement quand celui-ci est installé sur une ancienne friche.
La Moselle-Est a aussi besoin que des mesures spécifiques soient prises au niveau local. Nous demandons que le gaz de couche puisse y être exploité et que nos industries locales puissent en bénéficier. Nous appelons à consacrer des recherches massives et rapides à l'hydrogène blanc, dont l'un des plus gros gisements au monde se trouverait en Moselle.
En outre, nous proposons la mise en place d'une zone franche fiscale et réglementaire sur notre territoire, qui est frontalier. Nous pourrions organiser une conférence sociale franco-sarroise, réunissant pouvoirs publics, syndicats, associations de frontaliers et entreprises du département en recherche de salariés. Enfin, nous demandons le lancement d'un plan de soutien à la formation et à la reconversion des frontaliers dont l'emploi est menacé.
Lesquelles de ces idées, qui rejoignent quelques-unes des 130 propositions formulées par notre collègue Loubet dans son rapport, allez-vous mettre en œuvre ? Suivant quel calendrier ? Les Mosellans vous écoutent.