Éric CiottiMa question vise à alerter sur la dégradation des conditions de sécurité dans la ville de Nice et sur l'insuffisance des moyens employés par l'État pour y remédier – j'y associe les députés Christelle d'Intorni et Bernard Chaix.
La situation de la ville de Nice en matière de violences est particulièrement préoccupante. Si nous avons tous à l'esprit le terrible incendie qui a fait sept morts, dont cinq enfants, le 18 août 2024, nous ne pouvons oublier la fusillade qui a frappé le quartier des Moulins le 3 octobre : deux morts – deux victimes innocentes – et cinq blessés. Ces chiffres s'inscrivent dans une longue série : quatre-vingt-dix personnes ont été blessées par arme blanche ou par arme à feu depuis le 1er janvier 2025 ; sept d'entre elles sont décédées, dont cinq après avoir essuyé des coups de feu et deux des suites de leurs blessures à l'arme blanche.
Pour faire face à une situation des plus préoccupantes – depuis 2016, le nombre des agressions de rue a beaucoup augmenté, tout comme celui des mis en cause pour trafic de stupéfiants, en hausse de 85 % –, nous souffrons d'un déficit criant d'effectifs policiers, sur lequel le syndicat Alliance vous a alertés à de multiples reprises. Dans le département des Alpes-Maritimes et à Nice, il manque aujourd'hui 250 policiers.
Dans un tel contexte, l'affectation de policiers sortant de l'école, au début du mois d'octobre, a particulièrement choqué. Le choix de déployer quarante-neuf recrues supplémentaires à Marseille, contre seulement deux à Nice est apparu aux policiers des Alpes-Maritimes comme une sorte de provocation, compte tenu de la gravité de la situation. De même, les déploiements d'effectifs temporaires ne constituent en rien une réponse pragmatique et concrète.
Nous vous lançons un cri d'alerte et un cri d'alarme solennels. Depuis des années, le nombre de policiers ne cesse de diminuer dans notre ville, malgré les annonces du maire, à grand renfort de publicité, chaque fois qu'un ministre de l'intérieur ou un premier ministre vient à Nice à la suite d'un fait divers particulièrement grave. Ces annonces n'ont jamais été suivies d'effet : elles relèvent de la communication permanente. Ainsi, pour l'année 2024, le dernier mouvement concernant les corps d'encadrement d'application et les policiers adjoints présente un solde très négatif : 70 départs, pour seulement 16 arrivées, soit une réduction l'effectif de 54 postes, aboutissant à ce déficit de 250 policiers.
Face à cette situation, quelles mesures l'État et le ministre de l'intérieur comptent-ils prendre, madame la ministre déléguée ?